1) Pourquoi ?
Conscient de l’impossibilité de déconstruire la société en un monde cynique – où la liberté s’exerce aux dépens des autres, où les forts soumettent les faibles – ; il peut être intéressant d’envisager une société fondée sur le choix individuel, succeptible de séduire, y compris moralement, bon nombre de personnes.
Si j’envisage cette solution, c’est uniquement par pragmatisme ; elle est, à mon sens, la seule qui permettrait l’évolution des mentalités et favoriserait la transition vers un monde cynique.
2) Liberté
Cette société de choix serait fondée sur une liberté limitée par autrui. L’individu serait donc entièrement libre des choix qui ne concernent que lui, et plus encore, on ne pourrait intervenir dans les accords communs d’une association. Que l’homme désire se suicider, se promer nu, qu’une femme accepte d’être soumise à son mari (comme dans les moeurs du Proche Orient), qu’un couple homosexuel désire se marier, qu’un couple sado-maso se mutile, la loi n’a pas à légiférer ces choix – qui ne concernent personne d’autre que les interessés -.
Certaines personnes se plaisent à dire que le voile doit être interdit parce qu’il exprime un statut de la femme offensant. L’argument peut être très simplement retourné – si tant est qu’on refuse la supériorité de certaines valeurs sur d’autre (autrement dit qu’on accepte leur relativité) – : trouverait-on normal que les femmes voilées exigent le voile sous prétexte qu’une femme sans voile, symbolisant le désir et la perversion, est offensante ? Non – il en va de même pour la nudité -.
3) Autonomie
La difficulté est de s’assurer l’indépendance de la personne. On doit pouvoir être certain que ce choix ait été fait consciemment, en connaissant, en tout état de cause, les possibilités qui s’offrent à elle. Il ne s’agit pas de lutter contre une quelconque détermination sociale – sans quoi la lutte devrait être dirigée aussi bien vers la femme qui veut son indépendance, que celle qui la refuse -, il s’agit de fournir à l’individu, de par l’éducation, un éventail des possibilités qui lui sont offertes, ainsi que tous les outils intellectuels qui lui garantissent son autonomie et donc une relative autonomie de son choix.
4) Conclusion
Inspiré de Nozick, je défends la nécessité d’un état ultraminimal impersonnel, qui ne serait là que pour sauvegarder l’intégrité des personnes, et aider à ce que les associations et plus particulièrement leurs cessations se passent bien.
Voilà pourquoi, je pense qu’il faut instaurer une société de choix, condition de la transition vers un monde cynique.