Qui peut ne pas vouloir d’un monde sans mal ? C’est ici ce dont il est question, et tant pis si le bien disparaît aussi lors de l’éradication du mal ; puisqu’il n’existe que par complémentarité au bien, ce dernier est tout aussi responsable du mal que le mal.
Qui peut me prouver que le meurtre est un mal en soi ? A partir du moment ou il s’agit d’argumenter une position morale, le rétheur ne peut que faire appel à des arguments moraux – des valeurs -, pour justifier sa position. Son raisonnement doit se baser sur des valeurs morales, qui doivent par conséquent être admises par son auditoire (Perelman). Une question se pose alors : comment le rétheur doit-il s’y prendre pour défendre ses valeurs face à un auditoire qui ne reconnait aucun de ses présupposés moraux ? Il est impuissant, il ne peut rien démontrer.
Pour peu qu’on réflechisse à la fondation même de la morale, il est indubitable et inévitable que ses bases aient été choisies arbitrairement. Comment pourrait-on justifier une position morale hors de tout présupposé moral ? Ou, question plus essentielle encore, comment choisir des valeurs sans critères de choix de valeurs, sans pouvoir évaluer la valeur des valeurs ? Impossible !
Ainsi, la morale se fonde de façon arbitraire, probablement à partir d’un sentiment qu’éprouvent, en commun ou individuellement, certaines personnes.
La morale absolue – abattue en 15 lignes ^^ – laisse donc place a une pluralité d’interprétations, dont chacune dépendra de la valeur que nous choisirons pour évaluer les valeurs.
Ps.: La réflexion se prolonge par ici